Home FrançaisUn Canada fort sur le plan économique n’existe pas sans un accès universel à des soins de santé de qualité partout au pays

Un Canada fort sur le plan économique n’existe pas sans un accès universel à des soins de santé de qualité partout au pays

by Louise Binder

À moins d’avoir vécu en ermite ces derniers temps, vous devriez savoir que le Canada se trouve depuis un an sous l’emprise économique et politique de ses voisins américains. Il a été à la fois satisfaisant et rassurant de constater les diverses tactiques employées avec ardeur par les gouvernements aux niveaux fédéral, provincial et territorial pour contrer ces menaces.

Dans le cadre de l’une de ces stratégies, le Canada s’est engagé à éliminer les obstacles au commerce jugés superflus et nuisibles aux relations économiques entre les provinces et les territoires. Il est agréable de penser que nous serons bientôt en mesure d’acheter des produits provenant d’autres provinces à prix juste et équitable.

Maintenant, imaginez si nous avions la même vision en ce qui concerne les soins de santé publics partout au Canada. Personne ne semble évoquer la création d’un accès équitable aux soins de santé dans tout le pays, peu importe le lieu de résidence ou la situation financière d’un individu.

Les soins de santé ne devraient-ils pas être aussi accessibles à travers le pays que les biens canadiens? De plus, l’accès universel à des soins de santé de qualité ne constitue-t-il pas une stratégie tout aussi importante pour maintenir la vigueur économique du Canada?

On considère généralement la prestation des soins de santé, y compris des traitements, comme un épicentre de coûts, sans toutefois reconnaître qu’elle représente également un moteur économique pour le Canada. Une population en santé contribue à renforcer l’économie du pays en rehaussant la productivité en milieu de travail. Les Canadiens et Canadiennes en santé arrivent à satisfaire leurs obligations familiales sans stress ni difficulté, ce qui a une incidence sur la santé de toutes nos collectivités. De plus, ils dépensent davantage, ce qui stimule l’économie (un investissement à long terme).

Le domaine des soins de santé compte des emplois de qualité qui touchent à plusieurs secteurs de l’économie, comme la recherche et développement, les soins directs, les technologies médicales et la biofabrication. Les effets positifs qui en découlent se dépeignent sur d’autres secteurs connexes, ce qui étale ces avantages sur toutes les sphères de l’économie.

Pourquoi ne pas créer un système de santé harmonieux? Il faut éliminer le fardeau administratif en permettant aux gouvernements provinciaux et territoriaux, en partenariat avec le gouvernement fédéral, d’élaborer une liste unique des traitements couverts par les régimes d’assurance-maladie, ce qui réduirait les coûts, au lieu de prendre des décisions sur la couverture des traitements par le régime public en fonction de la province ou du territoire.

En tant que défenseurs de longue date des patients atteints du cancer, nous avons été témoins de personnes qui doivent leur survie à l’accessibilité des soins de santé couverts par le régime public. Malheureusement, l’inverse est aussi vrai : des patients sont décédés à cause du manque d’accessibilité à ce type de soins. Certains ont dû déclarer faillite en n’ayant nul autre choix que de payer de leur poche les coûts associés aux traitements. Ces coûts peuvent comprendre les frais de transport et d’hébergement liés à un voyage vers une autre province, voire un autre pays, où ils ont pu recevoir un traitement qui n’était pas accessible dans leur province.

Votre lieu de résidence au Canada ne devrait pas influencer le prix de vos soins; le régime public d’assurance-maladie devrait couvrir les mêmes services de santé et traitements partout au Canada. S’il est possible de conclure une entente nationale sur les biens, la même chose devrait pouvoir se faire en matière de soins de santé.

Cela vous semble-t-il impossible? Nous surmontons déjà l’impossible en reprenant les rênes de notre destinée économique après une dépendance excessive sur le commerce américain.

Les bases sont déjà établies. Des organismes pancanadiens d’évaluation des technologies de la santé sont en place. Les gouvernements canadiens négocient ensemble les prix liés aux régimes d’assurance médicaments. Un modèle de prestation de soins pharmaceutiques à l’échelle du pays a vu le jour il y a quelque temps.

Malgré tout le travail accompli par les organismes d’experts qui conseillent sur la couverture des traitements dans les différentes provinces, notre élan est coupé lorsque vient le temps d’agir. Il est grand temps pour les provinces et les territoires de s’allier en matière de soins de santé.

Le gouvernement fédéral a le pouvoir de tout mettre en branle, comme il l’a fait pour le commerce interprovincial.

L’enjeu touche nos valeurs canadiennes. Les inégalités d’accès aux soins de santé entre les provinces vont à l’encontre des cinq principes qui sous-tendent la Loi canadienne sur la santé (LCS). Cette loi nous promet l’universalité, la transférabilité et l’accessibilité, au même titre que l’intégralité et la gestion publique. Les inégalités d’accès à des traitements entre les provinces ne sont tout simplement pas conformes à ces principes.

Les dirigeants de province maintiendront que la LCS concerne uniquement les hôpitaux et les professionnels de la santé. Cependant, la loi a été adoptée avant l’élaboration de nombreux traitements et tests novateurs utilisés aujourd’hui. Mettons-nous à la page.

Si l’objectif est de « bâtir un Canada fort », il devrait aussi viser les soins de santé. Notre mentalité en matière de prestation de soins de santé doit changer de manière fondamentale.

Cette période d’unification et de renforcement du pays est le moment idéal pour agir. L’accès universel aux soins de santé essentiels partout au Canada devrait être l’objectif; il concorde avec notre intention de renforcer l’économie du pays, en plus d’être fidèle aux valeurs sociales que nous avons à cœur

Photo fournie par Prime Minister of Canada, CC BY 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by/4.0>, via Wikimedia Commons

Creative Commons License
This work is licensed under a Creative Commons Attribution-NoDerivatives 4.0 International License.

This means that you are free to reprint this article for any non-profit or for-profit purpose, so long as no changes are made, and proper attribution is provided. Note: Only text is covered by the Creative Commons license; images are not included. Please credit the authors and QUOI Media Group when you reprint this content. And if you let us know that you’ve used it, we’ll happily share it widely on our social media channels: quoi@quoimedia.com.

You may also like