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Le bénévolat devrait être à l’avant-plan des politiques concernant les vétérans et vétéranes au Canada

by Alyson Mahar
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Le passage de la vie militaire à la vie civile, ou « transition de la vie militaire à la vie civile », est pour les vétérans et vétéranes un point clé marqué par des événements majeurs changeant la vie. Le fait de laisser derrière soi la structure, l’identité, la raison d’être et les liens sociaux associés à la vie militaire peut souvent sembler écrasant et a été décrit comme un « choc culturel ». Souvent, le choc culturel de la transition de la vie militaire à la vie civile est accompagné de solitude et d’isolement social. Il a été démontré que ces expériences ont des répercussions négatives sur la santé et le bien-être.

Les études concernant le bénévolat – qui sont centrées sur le besoin d’aider les autres et d’édifier des communautés plus fortes – suggèrent que le bénévolat peut être une bonne manière d’aider les vétérans et vétéranes à surmonter les défis de la transition et de contribuer au bien-être collectif de notre pays. Bien que d’autres pays se soient penchés sur les avantages du bénévolat touchant les vétérans et vétéranes, le Canada n’a pas encore mené de recherches dans ce domaine ce qui laisse un écart sensible.

Comme le nombre des vétéranes et vétérans canadiens augmente de façon constante, un plus grand nombre de vétérans et vétéranes se heurteront à des difficultés à mesure qu’ils se réintègrent à la société; assurément, beaucoup seront intéressés à des possibilités différentes d’emploi civils rémunérés et non rémunérés pour tirer parti de leurs forces et de leurs intérêts. Le temps est maintenant venu d’agir pour les responsables canadiens des politiques et les organisations qui soutiennent les vétérans et vétéranes.

Les programmes de bénévolat visant les vétéranes et vétérans canadiens devraient être guidés par une recherche propre au Canada; les programmes de bénévolat devraient inclure des évaluations qui reflètent les buts, les valeurs et la diversité des vétéranes et vétérans canadiens et les responsables des politiques, les groupes de défense des vétérans et vétéranes et les chercheurs et chercheuses devraient collaborer pour faire du bénévolat une pierre angulaire du soutien de la transition de la vie militaire à la vie civile.

La transition à la vie civile

Le service militaire est un parcours de carrière sans pareil. Il est caractérisé par une culture distincte d’uniformité, de discipline, de normes sociales et de valeurs communes. Le personnel des Forces armées canadiennes (FAC) agit au sein d’une communauté très soudée et cet ensemble comble un grand nombre de besoins de vie fondamentaux tels que le logement et les soins de santé. Lorsque les vétérans et vétéranes quittent ce milieu structuré, ils doivent s’adapter à un monde civil qui, souvent, n’offre pas le même niveau de cohésion et de soutien.

Même si l’expérience de chaque vétérane ou vétéran liée à la transition de la vie militaire à la vie civile est unique, elle a des répercussions importantes pour la santé et le bien-être. Au Canada, près du quart des vétéranes et vétérans canadiens rapportent des problèmes liés à la transition de la vie militaire à la vie civile. Les problèmes courants incluent la solitude et l’isolement social, qui ont des répercussions négatives sur la santé et le bien-être. Pour les vétérans et vétéranes aux prises avec la dépression, le trouble de stress post-traumatique (TSPT) ou d’autres problèmes de santé chroniques, l’effet est encore plus prononcé.

Trouver une appartenance et une raison d’être : examen des données probantes

Le bénévolat ne constitue pas seulement un avantage pour les vétérans et vétéranes qui sont confrontés à des problèmes – c’est une contribution importante au bien-être collectif de notre pays. Le bénévolat consiste à soutenir à son tour la communauté, ce qui est étroitement associé au sens du devoir et du service que les militaires acquièrent au cours de leur carrière. C’est pourquoi de nombreux vétérans et vétéranes trouvent le bénévolat particulièrement enrichissant.

Des possibilités de bénévolat bien conçues peuvent favoriser un sentiment de connexion et offrir un sentiment renouvelé de but à atteindre et un moyen significatif permettant aux vétérans et vétéranes d’appliquer leurs habiletés et leurs valeurs particulières dans un contexte civil. Aux États-Unis, la recherche a montré que le bénévolat aide à atténuer la perte d’identité à la fin d’une carrière militaire en créant de nouvelles occasions de servir et de mener.

Le bénévolat permet également de vaincre l’isolement social en liant les vétérans et vétéranes à leur communauté, en créant un sentiment d’appartenance renouvelé. Chez les adultes plus âgés, le bénévolat a été lié à une mortalité réduite et à des taux de dépression moins élevés, ce qui souligne ses avantages potentiels à long terme..

Orientations recommandées : combler l’écart au Canada

Un rapport, préparé pour La Fondation Les Fleurons glorieux et l’Institut canadien de recherche sur la santé des militaires et des vétérans, a examiné plus d’une douzaine d’études internationales portant sur les vétérans et vétéranes et le bénévolat. Malgré les éléments montrant que le bénévolat est bon pour les individus et la société, le Canada ne dispose pas d’un cadre global qui lui permette d’y recourir pour soutenir les vétérans et vétéranes.

Des questions concernant les préférences des bénévoles, les modèles et les motivations des vétéranes et vétérans canadiens restent sans réponses. Quels sont les types de possibilités de bénévolat qui correspondent le mieux aux valeurs des vétérans et vétéranes? Quel effet l’âge, le genre, l’orientation sexuelle, la situation d’emploi, la structure familiale, la race et la géographie ont-ils sur les expériences liées à la transition de la vie militaire à la vie civile, la santé et le bien-être des vétérans et vétéranes? Les réponses à ces questions sont cruciales pour la création de programmes inclusifs qui soutiennent vraiment les vétérans et vétéranes et les aident à se développer dans leur communauté.

Nous conseillons aux gouvernments, aux responsables des politiques et aux organisations qui soutiennent les bénévoles de prendre les mesures suivantes pour combler cet écart :

  1. Les politiques et les programmes de bénévolat visant les vétéranes et vétérans canadiens devraient être guidés par une recherche propre au Canada. Il faut notamment ajouter des questions sur les avantages, l’effet et les obstacles qui s’appliquent aux enquêtes nationales, qui tirent parti des ensembles de données de Statistique Canada, et réaliser des études ciblées avec les vétérans et vétéranes et leurs proches.
  2. Les organisations servant les vétérans et vétéranes devraient intégrer des évaluations formelles des programmes et des évaluations des besoins pour faire concorder les possibilités de bénévolat avec les buts, les valeurs et la diversité des vétérans et vétéranes. Des facteurs tels que l’âge, le genre, la structure familiale, la race, l’emplacement géographique et d’autres identités devraient être pris en considération pour optimiser les programmes.
  3. Les responsables des politiques, les groupes de défense des vétérans et vétéranes et les chercheurs et chercheuses devraient collaborer pour faire du bénévolat une pierre angulaire du soutien de la transition de la vie militaire à la vie civile. La mobilisation d’intervenants variés garantira des programmes globaux significatifs. En comblant l’écart entre le service militaire et la vie civile, le bénévolat pourrait redéfinir la notion de service – et aider les vétérans et vétéranes à trouver de nouvelles manières de se développer.

Pour les responsables des politiques du Canada, ceci est un appel à l’action.

Nous devons faire en sorte que le bénévolat devienne une composante essentielle et bien soutenue des politiques applicables aux vétérans et vétéranes, pas seulement en tant qu’avantage pour ceux et celles qui ont servi mais également en tant que contribution au bien-être collectif de notre pays. Il ne s’agit pas de savoir si nous devrions agir; il s’agit plutôt de déterminer dans quelle mesure nous pouvons le faire rapidement.

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