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Objectif zéro émission

by Daniel Komesch

Les instituts polytechniques ont bien placés pour aider le Canada à réussir son ambitieux plan d’action pour le climat

Plus d’un mois après les élections fédérales tenues en octobre dernier, les libéraux ont enfin brisé le silence et présenté les orientations qu’ils entendent prendre au cours de la 43e législature. Un point ressort clairement du discours du Trône et des lettres de mandat adressées aux ministres : la lutte contre les changements climatiques sera une priorité déterminante pour le gouvernement.

Avec raison d’ailleurs.

Les bouleversements climatiques engendrent déjà des répercussions en matière de santé, de migration et de bien-être économique partout dans le monde — dans notre pays aussi. Tous les Canadiens et Canadiennes, y compris nos politiciens, nos chefs d’entreprise et notre corps enseignant, doivent se mobiliser pour trouver des solutions qui amélioreront notre capacité d’intervention.

Jusqu’à présent, les libéraux ont pris les engagements suivants : rendre le Canada carboneutre d’ici 2050; implanter une infrastructure de recharge qui favorisera l’adoption des véhicules électriques par le plus grand nombre; recourir davantage aux énergies renouvelables; produire des carburants plus propres; investir dans le développement des compétences afin de former suffisamment de personnel qualifié dans l’analyse énergétique, la rénovation éconergétique et la construction de maisons à consommation d’énergie nette zéro, entre autres domaines.

Ce sont tous là des objectifs louables, mais le gouvernement ne pourra pas les atteindre tout seul. La réussite de son ambitieux plan d’action nécessitera l’adhésion et la collaboration de tous les secteurs de l’économie et davantage qu’une taxe modérée sur le carbone. Pour parvenir à ses fins, il devra investir fortement à la fois dans l’innovation et le développement du talent.

Les instituts polytechniques du Canada se situent précisément à la jonction entre ces deux volets; ce sont des établissements d’envergure, autorisés à décerner des diplômes, qui disposent de solides moyens en recherche appliquée. Ils se présentent par le fait même comme des partenaires naturels dans la lutte contre les changements climatiques.

Les instituts polytechniques collaborent avec des entreprises et des organismes sans but lucratif dans tous les secteurs de l’industrie et de la société; ils contribuent à l’adoption et à la commercialisation de nouvelles technologies qui réduisent notre empreinte carbone. En même temps, ils forment une main-d’œuvre dotée du savoir-faire voulu pour exploiter ces dernières.

À l’Institut de technologie de la Colombie-Britannique (BCIT) à Vancouver, un projet de recherche appliquée sur les miniréseaux aide les communautés autochtones en région éloignée à abandonner graduellement le diesel; de plus, la technologie mise au point facilitera l’installation de bornes de recharge des véhicules électriques dans les centres urbains. Au Collège Red River de Winnipeg, on mène des recherches sur la conception de bornes de recharge alimentées à partir de batteries recyclées, alors qu’au Collège George Brown de Toronto, un centre de recherche a été mis sur pied pour étudier les avantages du bois comme matériau de construction durable.

En ce qui touche le volet développement de talent, les Instituts de technologie du Nord et du Sud de l’Alberta ont établi ensemble un programme de formation sur l’entretien des véhicules électriques lourds — y compris des camions industriels utilisés dans les sables bitumineux. Enfin, le Collège Humber de Toronto a créé un diplôme d’études avancées en durabilité qui prépare les étudiants à piloter la transition des infrastructures canadiennes, par l’acquisition des compétences nécessaires pour concevoir et implanter des systèmes énergétiques renouvelables hors réseau.

Les instituts polytechniques ont presque tous adopté la durabilité comme objectif d’apprentissage général, pour veiller à ce que les diplômés qui intègrent le marché du travail travaillent dans cette optique, quel que soit leur domaine.

Au moment où il s’apprête à déployer son plan d’action pour le climat, le gouvernement fédéral devrait envisager de s’associer aux instituts polytechniques pour le mettre en œuvre et ne pas hésiter à investir substantiellement dans l’innovation et le talent. Notre avenir en dépend.

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